LA MARCHE ATHLETIQUE

MARCHE ATHLETIQUE

1. Institutionnalisation de la marche athlétique

La marche est le premier des exercices naturels et c’est avant tout le moyen de déplacement le plus

simple. L’homme marche depuis des millénaires mais la marche athlétique, codifiée (« progression

exécutée pas à pas, de telle manière qu’un contact ininterrompu soit maintenu avec les sol » (Parienté, p.

861)), telle que nous la connaissons aujourd’hui n’est apparue qu’au XIXème siècle. Le premier à utiliser le

style caractéristique des marcheurs fut l’Américain Edwards PAYSON WESTON en 1860. Ce dernier

adepte de longues distances, couvrit 5500 km en 77 jours, soit une moyenne journalière de 72 km. Les

épreuves les plus populaires sont pourtant dans un premier temps des marches de 6 jours. O’LEARY

parcourt ainsi 897 km en 1877. La marche de vitesse apparaît également au même moment avec un

premier championnat britannique en 1866 sur 7 miles.

En France, Emile ANTHOINE crée l’Union Française de

Marche (UFM) après qu’une scission se soit produite avec la

Fédération Française d’Athlétisme (FFA) en 1920. Ce n’est que

45 ans plus tard, en avril 1965 après la signature d’un protocole de

réunification (celui-ci est d’ailleurs toujours en vigueur) que le

Comité National de Marche est créé, devenant en 2002 la

Commission Nationale de Marche.

Comme bien d’autres sports, la marche possède ses 24

heures du Mans avec le Paris Colmar, anciennement Paris

Strasbourg, et ses deux grands Champions Roger QUEMENER et Gilbert ROGER, respectivement 7 et 6

fois vainqueurs. Celle-ci reste la seule épreuve de grand fond à renommée internationale, les distances

olympiques du 20 et 50 km ayant pris le pas sur le plan mondial. La création du Trophée Lugano en 1961

devenu Coupe du Monde en 1987 aura pour effet d’internationaliser la marche athlétique. L’arrivée de

pays tels que le Mexique fait ensuite faire un bond en avant aux records.2. Les marcheurs internationaux

C’est sous la pression des Britanniques que la marche est inscrite pour la première fois aux Jeux

Olympiques en 1908. Les compétitions ont ainsi lieu sur 3500 m et sur 10 miles (16090 m), avec

uniquement des concurrents anglais sur les 10 miles, George LARNER remportant les deux épreuves.

Le 10 km apparaît aux J.O. de Stockholm en 1912. C’est un Américain, James GOULDING, qui

remporte le titre surprenant ainsi les Anglais. En 1920, à Anvers, c’est cette fois un jeune Italien Ugo

FRIGERIO qui s’adjuge les deux titres mis en jeu sur 3000 m et 10 km. Il gagne d’ailleurs encore sur 10

km, la seule épreuve de marche du programme des J.O. de 1924 à Paris. Les problèmes de jugement

survenus lors de cette épreuve ont ensuite pour effet de radier la marche du programme olympique. Ce

n’est qu’en 1932 que le Français Emile ANTHOINE parvient à faire inscrire aux Jeux Olympiques de Los

Angeles une épreuve de 50 km qui est remportée par le

vétéran Britannique de 39 ans Tommy GREEN en 4 h

50'10''. En 1948, à Londres, le 10 km est réintroduit au

programme des Jeux olympiques sous la pression des pays

nordiques et c’est le Suédois Jon MIKAELSSON qui

l’emporte, tandis que son compatriote John LJUNGGREN

fait de même sur 50 km. Quatre ans plus tard,

MIKAELSSON conserve son titre sur 10 km et Giuseppe

DORDONI, avec une technique parfaite, renoue avec la

tradition italienne sur 50 km. En 1956, le 20 km remplace le

10 km et c’est pour la première fois un Soviétique, Leonide

SPIRINE, qui l’emporte. Sur 50 km c’est le Néo-Zélandais

Norman READ qui crée la surprise. En 1960, à Rome, c’est cette fois Vladimir GOLUBNICHY qui fait

sensation. A 19 ans, il remporte le 20 km et débute une fabuleuse carrière qui se termine en 1976 avec 4

médailles olympiques dont deux d’or (1960 et 1968) et un titre de champion d’Europe en 1974. C’est

ensuite l’Italien Abdon PAMICH qui marque le monde de la marche. Champion olympique sur 50 km à

Tokyo, deux ans après son premier titre de champion d’Europe, il laisse la place à l’Allemand de l’Est

Christoph HOEHNE en 1968, chef de file d’une marche est-allemande en bonne santé (Hans-Georg

REIMANN, record du monde du 20 km et Peter FRENKEL champion olympique sur 20 km en 1972).

Enfin, en 1972, c’est le marcheur Ouest-Allemand qui boucle en vainqueur le 50 km marche. L’épreuve

est ensuite supprimée du programme olympique pour ne laisser que le 20 km.

Au milieu des années 70, les Mexicains font leur apparition sur la scène internationale de la

marche et font progresser les records à grande vitesse. Le premier d’entre eux, BAUTISTA s’adjuge le

titre olympique en 1976 sur 20 km. En 1983, Ernesto CANTO s’impose ensuite aux premiers

championnats du monde sur 20 km et en bat l’année suivante le record du monde avant de devenir

champion olympique en 1984 à Los Angeles. Son compatriote Raul GONZALES l’emporte également

sur 50 km donnant ainsi carton plein au Mexique.

En 1988, le Tchécoslovaque Josef PRIBILINEC franchit la barrière mythique des 1 h 20 sur 20

km et remporte le titre olympique au sprint alors que c’est le Soviétique Vyacheslav IVANENKO qui

s’impose sur 50 km. En 1991, il faut noter la victoire de Maurizio DAMILANO sur le 20 km des

championnats du monde, 11 ans après sa victoire olympique en 1980.

A Barcelone en 1992, PERLOV devient champion olympique sur 50 km sous les couleurs de la

CEI, un an après avoir été classé deuxième du 50 km mondial en étant pourtant arrivé main dans la main

avec son compatriote POTACHOV.

En 1993, à Stuttgart, les Espagnols font une razzia sur les deux

courses avec la victoire sur 20 km de MASSANA et sur 50 km de

Jesus Angel GARCIA. Puis c’est au tour des Russes en 1994 aux

championnats d’Europe avec Michail CHENNIKOV sur 20 km et

SPITZIN sur 50 km… devant le Français Thierry TOUTAIN.

Et puis, l’avènement du Polonais Robert Korzeniowski reste

pour l’heure le plus spectaculaire dans l’histoire de la marche

mondiale, après la victoire de l’Equatorien Jefferson PEREZ aux

J.O. d’Atlanta sur 20 km. Licencié à Tourcoing dans un club

français depuis 1992, il remporte le 50 km olympique à Atlanta, le

titre mondial l’année suivante et réalise le doublé 20km-50km en

2000 à Sydney, avant de gagner encore un titre mondial sur 50 km

en 2001 !3. Les marcheurs français

Le premier grand marcheur français est sans aucun doute Emile ANTHOINE. Il réalise 4 h 22'05''

aux 50 km en 1913. Le premier français à participer aux Jeux Olympiques fut SIMON (disqualifié en

série) aux Jeux olympiques à Anvers en 1920, puis CLERMONT, 10ème du 10 km en 1924 aux Jeux

olympiques à Paris.

La Marche Athlétique Française a eu ensuite

d’autres grands champions finalistes olympiques :

QUINTRIC, 7ème sur 50 km aux J.O. de 1932 et Etienne

LAISNE 8ème sur 50 km en 1936 pour ce qui concerne

l’entre-deux guerres. Florimont CORNET se fait ensuite

remarquer dans les années 40, puis c’est au tour d’Emile

MAGGI 6ème et 7ème aux J.O. de 1948 et 1952, médaille de

bronze puis d’argent aux Championnats d’Europe en 1946

et 1950. Louis CHEVALIER termine quant à lui 4ème du

10km des J.O. en 1952.

Un fait divers a marqué notre discipline en 1948 : MAZILLE largement en tête du 50 km des J.O.

de Londres est renversé par une voiture, il reste de nombreuses minutes inanimé dans le fossé.

Courageusement, il reprend la route pour terminer finalement 7ème. Il aurait pu être Champion

Olympique !

Henri DELERUE marque les esprits

dans les années 60 avant l’avènement de Gérard

LELIEVRE qui domine la Marche pendant une

quinzaine d’années, améliorant le record du

Monde du 20 km et terminant sa carrière en

remportant les Jeux Mondiaux en salle

(Championnat du Monde en Salle).

Suit alors la grande époque de la

Marche Athlétique Française avec les

TOUTAIN, PILLER, FESSELIER, TERRAZ,

CORRE, LEMERCIER, CAUDRON,

LANGLOIS, BOULANGER, SERVANTY, RIVA etc… avec une victoire par équipe en Coupe du

Monde du 50 km et de nombreux podiums en Coupe du Monde ou d’Europe.

Thierry TOUTAIN remporte deux médailles aux Championnats d’Europe : bronze sur 20 km en

1990 et argent sur 50 km en 1994. Il améliore également trois records du monde, tous à Héricourt :

30.000m et 2 heures en 1991 et 50.000m en 1996. Ce dernier record tient toujours aujourd’hui. Il est

actuellement le seul recordman monde de l’athlétisme français. René PILLER a pour sa part amélioré le

Record du Monde du 50.000m à Fana (NOR) en 1994.

Aujourd’hui, perpétuant la tradition, nous assistons à l’avènement du plus grand champion de

marche français de tous les Temps : Yohan DINIZ, le premier champion d’Europe français en 2006, vice

champion du monde du 50 km à Osaka (JPN) en 2007.

Au niveau des Clubs après une large domination des Marcheurs Français, du CA Flers puis de

l’ASPP, le GA Haut Saônois a dominé la marche athlétique française pendant près d’un quart de siècle

avec notamment 20 titres en relais chez les femmes, 5 chez les hommes, plus de 150 sélections en équipe

de France et plus de 50 titres de champion de France.4. Et les femmes ?

Concernant les femmes, au niveau international la marche n’apparaît qu’en 1991 aux

championnats du monde sous la forme d’un 10 km. Il se transforme en un 20 km en 1999, épreuve sur

laquelle deux chinoises prennent les deux premières places. Aux Jeux Olympiques, le 10 km est

officialisé en 1996 et se transforme en 20 km en 2000. La marche est donc une épreuve très jeune chez les

femmes et son histoire reste à écrire.

En France cependant, des noms ont déjà marqué la

discipline : Valérie NADAUD première recordwoman de France sur

20 000 m en 1996, Fatiha OUALI, licenciée au CM Roubaix et

recordwoman actuelle du 10 000 (44’58’’6) et 20 000 marche, Nora

LEKSIR du GA Haut-Saônois recordwoman du 20 km sur route

font sans aucun doute partie de ceux-là. Il faut y ajouter les

pionnières de la discipline en France telles que Jacqueline ANDRE

(née BONNET), Suzanne GRIESBACH, Anne-Catherine

BERTHONNAUD ou encore Janine PIROUX (née VIGNAT).

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