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A.J. MONTMOREAU ATHLETISME
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LES ÉPREUVES COMBINEES
1. Evolutions au niveau international
Du pentathlon antique d’Olympie au décathlon moderne d’Anvers, une histoire institutionnelle
Si la tradition des épreuves combinées prend racine dans la Grèce antique, l’histoire
moderne des épreuves combinées débute aux Etats-Unis en 1884. A cette date, l'Union Américaine
d'Athlétisme (A.A.U) élabore une première compétition appelée ‘épreuve complète’. Le 100 yards,
le lancer de poids, le saut en hauteur, le 880 yards marche, le lancer de marteau de 16 livres
anglaises (10kg), le saut à la perche, le 120 yards haies, le lancer de poids de 56 livres anglaises (35
kgs), le saut en longueur et la course du mile composent alors le premier décathlon de l’ère
moderne. Disputé sur une journée, les concurrents ne disposent que de 5 minutes de repos entre les
épreuves. Devant le succès obtenu, l’A.A.U inscrit le décathlon comme épreuve d’exhibition aux
Jeux olympiques (J.O) de Saint-Louis en 1904.
Pourtant, durant ces années, le décathlon n’est pas une épreuve universelle et varie selon les
endroits où il est organisé. En 1911, le décathlon moderne apparaît dans sa forme actuelle (100m,
Longueur, poids, hauteur, 400m la première journée et 110m haies, disque, perche, javelot, 1500m
la deuxième journée). Malgré ces efforts préalables, les Jeux de Stockholm viennent perturber
l’officialisation de l’épreuve au niveau international. En effet, l
e nombre élevé de participants, 29,
pousse les organisateurs à faire se dérouler la compétition sur trois jours : trois épreuves le premier
jour (100m, longueur, poids), trois le deuxième (hauteur, 400m, disque) et quatre pour le troisième
jour (110m haies, perche, javelot, 1500m). Un rapide constat nous signifie l’inversion entre le
lancer de disque et le 110 mètres haies. Mais, plus encore, l’intention première de créer une épreuve
athlétique combinant force, technique et surtout endurance est remise en question.
Conscient de la nécessité de légiférer sur son cas, le congrès de l’I.A.A.F de 1914 porte son
attention sur le décathlon et définit avec précisions le choix, l’ordre et la durée des épreuves. Ces
règles fondamentales, appliquées pour la première fois lors des Jeux olympiques d’Anvers en 1920,
n’ont pas changé depuis cette date. Seules les modifications de la table de cotation, liées ellesmêmes
aux progrès techniques réalisés dans chaque épreuve, expliquent l’évolution du décathlon au
cours du XXème siècle.
Les athlètes et leurs records
Chez les hommes
Le premier décathlonien de l’ère moderne est Hugo WIESLANDER. Vainqueur du
décathlon pré-olympique de 1911, il termine deuxième aux J.O de Stockholm. Deuxième ou
premier ? Un éclairage historique est ici indispensable. Dans le rapport olympique des J.O de 1912,
Hugo WIESLANDER est champion olympique avec un total de 7 724, 495 points. Publié en 1913,
ce même rapport oublie volontairement de mentionner Jim THORPE. Vainqueur légendaire du
premier décathlon olympique, l’américain Jim THORPE, est déclassé fin 1912, par le comité
international olympique (C.I.O) et sa propre fédération (l’A.A.U), pour cause de professionnalisme.
L’enquête historique prouvera qu’il ne s’agissait que de quelques dollars gagnés en jouant au
baseball pendant ses années d’études. Avec un total de 8 412, 955 points (11’’2 ; 6m79 ; 12m89 ;
1m87 ; 52’’2 ; 15’’6 ; 36’’98 ; 3m25 ; 45m70 ; 4’40’’1), J. THORPE survole la discipline. Banni de
l’athlétisme américain, il n’a plus aucune possibilité d’améliorer ses performances. En dépit de cette
situation, Jim THORPE et son record demeurent inégalés jusqu’en 1932. Plus encore, en 1982,
alors que le professionnalisme est devenu une règle chez tous les champions olympiques, le CIO
décide d’inscrire Jim THORPE au palmarès des Jeux, et de lui restituer, à titre posthume, sa
médaille d’or olympique.
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Jim THORPE, Stockholm 1912
Saut en longueur, 6m79
Avant la Deuxième Guerre mondiale, d’autres champions s’illustrent. L’américain Glenn E.
MORRIS par exemple réussit un triplé aux J.O de Berlin en 1936. Dans le même week-end, il
devient champion olympique et établit, avec un total de 7 900 points sur la table de 1934, un double
record : record du monde et record olympique (11’1 ; 6m97 ; 14m10 ; 1m85 ; 49’4 ; 14’9 ; 43m02 ;
3m50 ; 54m52 ; 4’33’’20). De manière générale, cette première période est dominée par les
Scandinaves et les Américains qui se partagent l’ensemble des titres olympiques du décathlon avant
la Deuxième guerre mondiale.
Aux J.O de Londres en 1948, un jeune Américain crée la surprise. Robert MATHIAS, alors
âgé de 17 ans, remporte le troisième décathlon de sa jeune carrière et qui n’est autre que le
décathlon olympique. Le temps d’une autre olympiade, R. MATHIAS se consacre à l’athlétisme.
Plusieurs fois champion des Etats-Unis, il est le grand favori des Jeux d’Helsinki. En 1952, il
remporte pour la deuxième fois consécutive l’or olympique. Son décathlon est un immense succès.
En plus du titre olympique, avec un total de 7 887 points, R. MATHIAS établit un nouveau record
du monde et s’impose avec plus de 900 points d’avance sur le second ; plus gros écart constaté
encore à ce jour aux Jeux olympiques. Le détail de ses performances : 10’’9 ; 6m98 ; 15m30 ;
1m90 ; 50’’2 ; 14’’7 ; 46m89, 4m ; 59m21 ; 4’50’’8.
Robert MATHIAS, Helsinki, 1952
Lancer de disque (46m98).
Jusque dans les années 1960, les américains dominent la discipline. Victoire de MATHIAS en
1948, triplé olympique en 1952, doublé à Melbourne en 1956 et victoire à l’arrachée aux Jeux de
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Rome en 1960 pour Rafer JOHNSON devant CHUAN-KWANG Yang. Après deux jours d’une
lutte acharnée pour la victoire, les deux hommes tombent éreintés dans les bras l’un de l’autre après
leur dixième épreuve, le 1500 mètres. Quelques points les séparent. Et malgré le chant du public qui
réclame que la médaille d’or soit donnée aux deux athlètes, C.K.YANG termine deuxième à 58
points de R. JOHNSON : 8 392 points (10’’9 ; 7m35 ; 15m82 ; 1m85 ; 48’’3 ; 15’’3 ; 48m49,
4m10 ; 69m76 ; 4’49’’7) contre 8 334 points (10’’7 ; 7m46 ; 13m33 ; 1m90 ; 48’’1 ; 14’’6 ; 39m83,
4m30 ; 68m22 ; 4’48’’5).
R. JOHNSON (U.S.A) et C.K. YANG (T.P.E),
Rome, 1960
Arrivée du 1500m
Dans les mois qui suivent, C.K YANG fait partie des premiers athlètes à utiliser des perches
en fibres de verre. Les performances atteintes par l’athlète questionnent alors la viabilité de la table
de cotation et pousse l’I.A.A.F à l’élaboration d’une nouvelle table en 1962. En 1963, C.K YANG
profite néanmoins d’une application tardive de la nouvelle cotation pour devenir le premier homme
à dépasser la barre des 9 000 points ; 9 121 points exactement, nouveau record du monde avec entre
autre un saut de 4m84 à la perche.
En 1964, pour les Jeux de Tokyo, les épreuves combinées connaissent de nombreuses
évolutions. Chez les hommes, en plus de l’introduction d’une nouvelle table de cotation, Tokyo
signe la fin de l’hégémonie olympique américaine. Victoire de l’allemand Willi HOLDORF (7 887
points) devant Rein AUN de l’U.R.S.S (7 842 points).
En 1976, Bruce Jenner dépasse la barre des 8 600 points (8 618 points). Au début des années
1980, Jürgen HINGSEN (Allemagne) et Daley THOMPSON (Royaume-Uni), effleurent la barre
des 8 800 points (8 798 points). Réalisé au cours des J.O de 1984, ce total de point permet à
D. THOMPSON d’être sacré champion pour la deuxième fois consécutive et d’établir un nouveau
record olympique. Un an plus tard, avec le changement de table de cotations, D. THOMPSON
devient le nouveau recordman du monde avec 8 847 points (10’’44 ; 8m01 ; 15m72 ; 2m03 ;
46’’97 ; 14’’34 ; 46m56, 5m ; 65m24 ; 4’35’’00).
Après quelques années d’absence au plus haut niveau, les années 1990 signent le retour des
Américains. Dan O’BRIEN en est le meilleur représentant. Après un titre de champion du monde
acquis en 1991, il bat, l’année suivante, le record du monde au Décastar de Talence : 8 891 points
(10’’43 ; 8m08 ; 16m68 ; 2m07 ; 48’’54 ; 13’’98 ; 48m56 ; 5m00 ; 62m68 ; 4’42’’10). En 1996 à
Atlanta, il décroche l’or olympique. Mais l’Europe n’est pas sans ressource. Ces dix dernières
années notamment, les Tchèques Tomás DVORAK et Roman SEBRLE dominent la discipline. En
1999, T. DVORAK décroche le titre et s’adjuge le record mondial de la discipline ; 8 994 points
(10’’54 ; 7m90 ; 16m78 ; 2m04 ; 48’’08 ; 13’’73 ; 48m33 ; 4m90 ; 72m32 ; 4’37’’20). Deux ans
après, son compatriote Roman SEBRLE, dépasse la barre mythique des 9 000 points. L’actuel
record du monde, 9 026 points, est établi à Götzis, les 26 et 27 mai 2001 : 10’’64 ; 8m11 ; 15m33 ;
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2m12 ; 47’’79 ; 13’’92 ; 47m92, 4m80 ; 70m16 ; 4’21’’98. Champion olympique à Athènes en
2004, avec un nouveau record (8 893 points) à la clef, il obtient en 2007 à Osaka le dernier titre qui
lui manque, celui de champion du monde.
Chez les femmes
Il faut patienter jusqu’en 1934, et les quatrièmes olympiades féminines organisées à
Londres, pour voir l’apparition du premier pentathlon féminin (80 m haies, poids, hauteur, longueur
et 200 m). A cette occasion, le premier record du monde est établi par l’Allemande Gisela
MAUERMAYER avec un total de 377 points. Malgré la prise en charge officielle de l’athlétisme
féminin en 1936 par L’I.A.A.F, les épreuves combinées féminines ne sont intégrées qu’en 1964 aux
Jeux olympiques de Tokyo sous la forme d’un pentathlon (80 m haies, poids, hauteur, longueur et
200 m). Irina PRESS (U.R.S.S) est la première championne olympique. Avec un total de 5 246
points (10’’7 ; 17m16 ; 1m63 ; 6m24 ; 24’’7)1, elle établit un double record : le premier record
olympique et un nouveau record du monde. La performance réalisée est d’autant plus à souligner
qu’avant le remplacement du pentathlon par l’heptathlon aux Jeux de 1984, le record olympique
d’Irina PRESS n’a jamais été battu.
Irina PRESS, lancer du poids
En effet, la composition du pentathlon ne fait pas l’unanimité. Des critiques sont formulées
quant à la prépondérance du sprint et des sauts. L’heptathlon est ainsi reconnu officiellement au
congrès de l’I.A.A.F en 1981 : 100m haies, hauteur, poids, 200m la première journée et longueur,
javelot, 800m la deuxième journée.
Cette officialisation et l’arrivée de la nouvelle table en 1985 relance l’activité. Désormais,
les épreuves combinées féminines sont plus complètes et font davantage appel aux capacités
d’endurance des athlètes. L’athlétisme féminin voit alors éclore Jackie JOYNER-KERSEE (U.S.A).
Après une deuxième place lors des J.O de 1984, elle réalise à Séoul un triplé - titre olympique,
record olympique, record du monde - qui semble toujours imbattable : 7 291 points dont 1 264
points au saut en longueur (12’’69 ; 1m86 ; 15m80 ; 22’’56 ; 7m27 ; 45m66 ; 2’08’’51). En 1992, à
Barcelone, elle franchit de nouveau la barre des 7 000 points (7 044 points) et s’empare de son
deuxième titre olympique consécutif. Avec trois médailles olympiques (Argent 1984, Or 1988 et
1992), J. JOYNER-KERSEE est l’athlète la plus titrée de l’histoire des épreuves combinées.
Actuellement, Carolina KLUFT (Suède) domine la discipline (Championne du monde 2003 et
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Les performances annoncées le sont dans l’ordre des épreuves du pentathlon à savoir
80m haies, lancer de poids, saut
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2007 ; championne olympique en 2004) avec un record personnel à 7 032 points ; record d’Europe
(Osaka, 2007 : 13’’15 ; 1m95 ; 14m81 ; 23’’38 ; 6m85 ; 47m98 ; 2’12’’56).
Ces dernières années, dans un contexte social favorisant l’égalité homme femme, la pratique
du décathlon féminin apparaît (100m, disque, perche, javelot, 400m et 100m haies, longueur, poids,
hauteur, 1500m). Reconnu par l’I.A.A.F en 2001, aucun délai n’est fixé à ce jour pour son
introduction dans le programme des championnats du monde.
Jackie JOYNER-KERSEE, Séoul 1988
Longueur, 7m27 (1264 points)
Caroline KLUFT, Osaka 2007
100m haies, 13’’15 (1102 points)
Dailey THOMPSON, Los Angeles 1984
Saut à la perche (5m00)
Roman ŠEBRLE, Osaka, 2007
Tour d’honneur après le 1500m
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2. Evolutions au niveau français
Avant la Deuxième Guerre mondiale, les Français n’obtiennent aucun résultat au niveau
international. Une rapide lecture des rapports olympiques, nous montre que les athlètes français
abandonnent au bout de quelques épreuves par faute de préparation spécifique. Ce vide olympique
de la première moitié du vingtième siècle s’explique en partie par l’absence de politique fédérale
spécifique à la discipline épreuves combinées. Par exemple, jusqu’en 1965, aucune compétition
jeune n’est organisée. A cette époque, la France est la seule des grandes nations athlétiques
européennes qui n’ait pas encore de triathlon minime, de pentathlon cadet ou d’octathlon junior. Si
aujourd’hui ce retard est comblé, ce n’est pas sans le travail de longue haleine entrepris par Claude
MONOT et prolongé ces dernières années par Jean-Yves COCHAND. Les victoires en Coupe
d’Europe et lors des matchs internationaux jeunes attestent entre autre de leur engagement.
A ce jour, la France ne compte que trois médaillés dans des grands championnats. Ignace
HEINRICH, Christian PLAZIAT et Eunice BARBER. Méconnu des générations actuelles, I.
HEINRICH est le seul médaillé olympique français. En 1948, aux J.O de Londres, il termine 2ème
du décathlon avec un total de 6 974 points (11.3/6.89/12.85/1.86/51.60/
15.60/40.94/3.20/40.98/4’43’’80). Il faut ensuite attendre les championnats d’Europe à Split (ex-
Yougoslavie) en 1990 pour voir un Français obtenir une médaille d’or. Christian PLAZIAT,
champion d’Europe, bat alors son record personnel et établit l’actuel record de France du
décathlon : 8 574 points (10’’72, 7m77, 14m19, 2m10, 47’’10, 13’’98, 44m36, 5m00, 54m72,
4’27’’83). Grand habitué des compétitions indoor, C. PLAZIAT s’illustre une nouvelle fois en
1995, à Barcelone (Espagne), où il remporte le titre de champion du monde de l’heptathlon2. Trois
ans auparavant, il établit à Gênes (Italie), le record de France de l’épreuve avec un total de 6 418
points. Enfin, ces dix dernières années, les épreuves combinées féminines accumulent les médailles.
Depuis les championnats du monde de Séville 1999 jusqu’à ceux d’Helsinki en 2005, Eunice
BARBER redore l’athlétisme de ses médailles. Championne du monde en 1999, médaillée de
bronze à Paris en 2003 et médaillée d’argent à Helsinki en 2005, Eunice BARBER est l’athlète
française la plus médaillée de la discipline. Détentrice du record de France de l’heptathlon avec
6 889 points (12’’62 ; 1m91 ; 12m61 ; 24’’12 ; 6m78 ; 53m07 ; 2’14’’66), E. BARBER s’est
également illustrée en saut en longueur : championne du monde en 2003 à Paris avec un bond à
7m05, actuel record de France.
Christian PLAZIAT
(Décathlon) et Eunice BARBER(Heptathlon)
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L’heptathlon masculin indoor au niveau international se déroule sur deux jours et comprend dans l’ordre le 60m, le
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les deux détenteurs du record de France
Mais, l’histoire des épreuves combinées françaises ne peut se résumer aux médaillés. Plusieurs
champions ont parfois échoué à quelques points. Yves LE ROY est 12ème aux JO en 1972 et vice
champion d’Europe en 1974 (8 fois champion de France avec un record à 8 229 points). On note la
5ème place de William MOTTI en 1984 aux Jeux de Los-Angeles ou la 4ème place de Sébastien
LEVICQ aux championnats du monde de Séville en 1999. Chez les femmes, en 1988, Chantal
BEAUGEANT établit un record de France de très haut niveau avec 6 702 points (13’’10 ; 1m78 ;
13m74 ; 23’’96 ; 6m45 ; 50m96 ; 2’07’’09). Enfin, il convient de mentionner les performances de
Marie COLLONVILLE. 7ème lors des derniers JO d’Athènes en 2004, elle établit la même année, à
Talence, le premier record du monde du décathlon féminin ; 8 150 points (12’’48 ; 34m69 ; 3m50 ;
47m19 ; 56’’15 ; 13’’96 ; 6m18 ; 11m90 ; 1m80 ; 5’06’’09)3, validé par l’I.A.A.F en 2005.
3. Les évolutions du système de cotation
L’objectif de la table de cotation est de convertir toutes les unités de mesure en système de
points afin de pouvoir établir un classement des concurrents. La construction de la table de cotation
revêt donc un caractère primordial dans la discipline épreuves combinées, et, si la composition du
décathlon ne suscite plus de controverse à partir de 1911, il n’en est pas de même pour la table de
cotation qui l’accompagne.
C’est en Suède, dans le cadre de la préparation des Jeux Olympiques, que la première table de
cotation est élaborée. Construite sur une relation de linéarité entre les performances, la table
suédoise fait le choix de prendre les records olympiques de 1908 comme point culminant de chaque
table. 1000 points sont attribués à chaque record. Par ailleurs, un total de points précis est attribué à
chaque performance réalisée. Ce système de cotation prévaut pour l’ensemble des compétitions
jusqu’en 1934. A noter simplement le réajustement de la barre des 1000 points en 1915 sur les
nouveaux records olympiques des Jeux de Stockholm.
A la fin des années 1920, du fait de l’évolution des records en athlétisme, le comité
athlétique de Finlande s’atèle à l’élaboration de nouvelles tables de cotation cette fois sur la base
d’une relation de progressivité. Désormais plus la performance est élevée, plus l’écart de point est
important. Enfin, La barre des 1000 points est indexée sur les records du monde de l’époque et,
après une simulation de l’évolution des performances, le point culminant de chaque table est
repoussé à 1150 points. Adoptée par l’I.A.A.F en 1934, la table finlandaise fait office de référence
internationale jusqu’au début des années 1950.
En 1934 toujours, la Fédération Allemande d'Athlétisme publie une série de tables destinées
aux épreuves féminines. Basées sur un modèle progressif avec un maximum situé à 100 points, ces
tables sont utilisées aux Jeux Mondiaux Féminins à Londres en 1934 et sont reconnues par la
fédération internationale en 1938.
Après la Deuxième Guerre mondiale, l’athlétisme rentre dans une période de mutation. L’évolution
des records pousse en effet l’I.A.A.F à nommer une commission chargée de rénover les tables de
cotation (1946). Le décathlon souffre alors d’une distorsion devenue trop importante entre les tables
des concours, trop bien cotées, et celles des courses. Les tables publiées 1952 tentent de résoudre ce
problème. L’athlétisme féminin patiente deux années de plus pour voir également ces tables de
cotation être renouvelées (1954).
L’évolution rapide des matériaux et des techniques, est un problème chronique qui pousse
l’I.A.A.F à se poser la question de la définition d’une table de cotation propre aux épreuves
combinées. A la fin des années 1970, le problème posé par la perche amène à la séparation des
tables entre les épreuves individuelles et les épreuves combinées. En effet, malgré l’établissement
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Dans l’ordre les épreuves du décathlon féminin sont : 100m ; disque ; perche ; javelot ; 400m ; 100m haies ; longueur ;
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de tables complexes, basées sur des calculs biomécaniques de relation entre la vitesse de l’athlète et
ses performances en sauts et en lancers, les tables de 1962 créent des écarts de points trop
importants entre les épreuves. L’exemple de la perche est le plus probant. L’arrivée des perches en
fibre de verre permet aux athlètes d’atteindre les limites de la table. Le score maximum de 1200
points s’obtient avec un saut de 5m65. Pour un résultat équivalent, le 100m doit être parcouru en
9’’58, le 110m haies en 12’’29, des performances qui ne sont, à ce jour, pas encore réalisées. Le
problème de la perche engendre par ailleurs une sous-cotation des autres épreuves. Les lancers et
plus encore le 1500m sont dévalorisés. La table de 1962, dont la critique majeure est de ne pas
prendre en compte les particularités de la discipline épreuves combinées, n’accorde en effet que 700
points pour une performance de 4’14’’5 au 1500m. Avec ce type de table, un profil sprinteursauteur
est très avantagé.
Au début des années 1980, l’IAAF subit de plus en plus de pressions afin de réviser les
tables de cotation. Tout d’abord, les tables seront utilisées uniquement pour les épreuves combinées.
Ensuite, les tables seront légèrement progressives pour toutes les épreuves et basées sur les données
statistiques des épreuves combinées. Enfin, les tables seront conçues de façon à ce qu'un spécialiste
ne puisse pas s’imposer du fait de sa compétence dans une épreuve. Chez les hommes, comme chez
les femmes, les nouvelles cotations, élaborées par Viktor TRKAL, sont introduites officiellement
dans les compétitions internationales en 1985. Depuis lors, la table de cotation n’a subi aucune
modification. Pas même en javelot, où l’introduction des javelots piqueurs4 entraîne de fait la perte
de précieux points lors du décathlon. Au regard de cet exemple et de plus de vingt années
d’expérience, il est possible de dire que la table de 1985 réduit certes l’écart entre les courses et les
concours mais privilégie, d’un point de vue tactique, une programmation de l’entraînement incluant
davantage du sprint et des sauts, mieux cotés, que des lancers. En effet, au niveau international,
alors que de nombreux athlètes franchissent la barre des 1000 points au 110 mètres haies (13sec80)
ou au saut en longueur (7m76), rares sont ceux qui atteignent les 900 points en lancer (plus de 70m
au javelot ou plus de 51m au disque) et au 1500m (4min 07 sec).